Chouks Mouss

Photo : Mariangela Loffredo

Chouks Mouss

Création le 12 et 13 janvier 2016 à la scène nationale de Narbonne

Conception, chorégraphie : Camille Cau
Créé et interprèté par : Camille Cau, Max Fossati, Claire Malchrowicz
Création Musicale : Robin Leduc
Création Lumière : Karine Litchman
Assistant : Max Fossati et Robin Leduc
Dramaturgie : Charline Grand
Regard extérieur : Florian Leduc
Production : Pourquoi, le chat?
Coproduction : Scène Nationale de Narbonne, l’Espace Culturel des Corbières et Arts Vivants 11 dans le cadre de la RESI-DANSE Départementale.
La compagnie est soutenue par la DRAC Languedoc-Roussillon au titre de l’aide au projet 2015, la région Languedoc-Roussillon et le département de l’Aude.
Résidence de création CDC Toulouse, CDC Paris, CND Pantin, Théâtre en Garrigue.

 

Même si la vie n’a pas de sens, qu’est-ce qui nous empêche de lui en inventer un ?   Lewis Carroll

Un drôle de nom Chouks Mouss, entendu chez Pivot de la bouche de Jean Luc Godard, « quel est votre mot préféré? », le réalisateur avait répondu « Chouks Mouss », deux mots étranges, pétillants, pleins de couleurs et sans aucun sens littéral, absurdes.
Les trois danseurs forment une petite tribu, trois êtres tombés de nulle part, peut-être des rescapés de la fin du monde, des Robinson Crusoé, insouciants et curieux pareils à des enfants ou de jeunes animaux, ne connaissant rien des objets auxquels ils sont confrontés, à moins que ce huis clos soit une expérience à l’image des souris de laboratoire dont on observe les réactions.
La dramaturgie est écrite en forme de cycle, le début et la fin faisant penser à un éternel recommencement, comme un jour sans fin dans cet univers blanc presque clinique.
La tribu subit ce plastique qui contamine leur espace. Mais jusqu’a quel point endurent -ils cette situation? Ne peut-on pas se demander si finalement ces êtres ne sont pas eux mêmes un des maillons du cycle, ne sont- ils pas acteur de leur propre destin?
La danse est construite sur l’idée de trace, la trace qu’aura laissé les objets sur les corps . Cette tribu peinturlurée, quasiment nue comme on l’est à la naissance face à l’univers, va se construire une expérience corporelle en lien avec ce qu’elle subit et traverse, leur regard enfantin va se transformer à l’image de la structuration d’un enfant face au monde qui l’entoure.
Le rythme émanant des trois protagonistes au départ avec leurs objets, va se construire comme une spirale, accentuant leur délire jusqu’à une réaction d’enfermement et de rétrécissement.
Mais ne faut-il pas voir dans l’aboutissement à l’extrême lenteur une réponse d’espoir, produire moins pour prendre du recul, modification corporelle et moment charnière où le cycle pourrait être rompu,… peut-être…

Durée : 45mn